Février 1991

Un jour, Alice a retrouvé une drôle d’histoire au fond d’un tiroir:  Février 1991. Elle ne se doutait pas, à 15 ans, qu’à 35, ces mots ne seraient toujours pas sortis de sa bouche....

Lire la suite

Alice enfant

Alice enfant J’ai beaucoup voyagé au fond de mon lit. J’emportais pour survivre des sucres que j’allais voler dans la cuisine et que je cachais sous mon traversin (ça grattait…). La peur – la terreur, même – était toujours présente, malgré la protection des couvertures et de l’oreiller. (Georges Perec, Espèces d’espace)   Les hommes baisent Alice adulte, l’humilient enfant. Alice enfant est encore là. Elle a encore peur. Peur de ne plus briller assez pour qu’on la voie (et si je ne savais plus rien à la rentrée, et si je n’étais plus la première de la classe). Elle a peur des cris. Elle se met en boule, elle colle son oreille contre la porte, elle sent quand ça va commencer, elle prie pour que ça s’arrête. Elle a peur que si maman crie trop fort, papa parte...

Lire la suite

Hystéries ordinaires d’Alice

La vie, c’est un collage d’histoires. Une histoire qui en chasse une autre. Alice n’a jamais vu cette linéarité d’un bon œil. Elle n’aime pas les séries, les suites, les perles sur un collier. 10 après 9, Auguste après César mais avant Tibère, le feu orange jamais après le rouge, l’enfance avant la puberté. Alice aime la pluie dans le beau temps, les hommes-enfants, le côté pile à côté du côté face. Alice aime depuis toujours les puzzles, les puzzles trop grands, trop compliqués, les puzzles qui prennent trop de poussière. Elle aime brasser les pièces dans ses mains, les compter, les tourner, les retourner, les forcer parfois, faire semblant de ne pas trouver leur place. Elle aime perdre des pièces aussi, pour les retrouver, un autre jour, par hasard. Alice se...

Lire la suite

Gourou

Alice aime les fous. Et de « fou » à « gourou » il n’y a qu’une lettre. Elle pratiqua brièvement  un représentant littéraire de l’espèce. La rencontre se fit en deux temps (vite et en plein été) et trois mouvements : 1. dilatation de la pupille après consommation frénétique de l’œuvre dudit écrivain 2. cliquetis tremblants pour inviter le toujours dit écrivain à débattre de voix vive 3. saut fieffé dans le premier TGV. 30 minutes de retard plus tard, Alice se dit que le coup du lapin n’était pas si désuet. Pas tout à fait découragée, elle tenta le texto détaché : « J’ai pensé que vous n’auriez pas le temps de passer, je ne me suis donc pas attardée ». La réponse fut bien au-delà des espérances qu’elle avait entre temps perdues : « Rendez-vous chez moi, place x,...

Lire la suite

Autobiographie

Alice se désaime parfois à la Houellebecq : Je ne m’aime pas. Je n’éprouve que peu de sympathie, encore moins d’estime pour moi-même ; de plus, je ne m’intéresse pas beaucoup. Je connais mes caractéristiques principales depuis longtemps, et j’ai finis par m’en dégoûter. Adolescent, encore jeune homme, je parlais de moi, je pensais à moi, j’étais comme empli de ma propre personne ; ce n’est plus le cas. Je me suis absenté de mes pensées, et la seule perspective d’avoir à raconter une anecdote personnelle me plonge dans un ennui voisin de la catalepsie. Lorsque j’y suis absolument obligé, je mens. (« Consolation technique », in Lanzarote, 2002, 87) Alice se peint comme ça :             « Alice est comme...

Lire la suite

Alice

Alice n’est pas l’Alice du Chapelier Fou (bien qu’elle en eût été folle). Elle n’est pas non plus l’Alice de Féodor Belvédère : elle est curieuse de tout, sauf de ce que l’amour dure. Alice n’a pas 35 ans. Elle est pleinement une femme mais rabâche depuis ses 13 ans et jusqu’à son psy qu’elle aurait voulu être un homme. Qui n’aimerait que les hommes.

Lire la suite