LANORMALITE d’Antoine Aureche

LANORMALITE d’Antoine Aureche

Né le 4 décembre 1981, Antoine Aureche (pseudonymes : TAT, Operation of the Sun) est musicien et pédagogue. Titulaire du Diplôme d’État de professeur de guitare, il a enseigné une dizaine d’années dans une école de musique près de Lyon avant d’embrasser une carrière d’artiste indépendant aux côtés de Desireless (Voyage, Voyage, John…) avec qui il forme désormais le duo Desireless & Operation of the Sun. Producteur, auteur, compositeur, passionné d’alchimie, vidéaste, son univers s’étend de la musique dark, industrielle et expérimentale au rock progressif, en passant par l’electropop, la chanson et la musique ethnique.

9 juillet 2011

Chanter Nietzsche […] dans la maison de Dieu, ça, c’est fait.

11 aout 2011

Au cœur d’une expérience émotionnelle extra-ordinaire. Attendez-vous à des nouvelles tout simplement « pas croyables » ces prochains mois.

19 juillet 2012

Avec Desireless en session studio dans la Drôme : je prends un petit café tandis que Claudie chantonne les Stranglers dans la salle de bain. So hyppie.

9 décembre 2012

Je viens de me réveiller, entre les verres d’absinthe, je ne trouve plus mon caleçon. […] Memento mori.

19 décembre 2012

Un vieux copain m’a dit : « Deviens celui que tu es, fais ce que toi seul peux faire ». Je suis las de cacher mon nom… Désormais, et tant que le monde sera monde, je m’attèlerai à suivre ce conseil. Bisous à tous les amis.
www.aureche.com

6 février 2013

Voilà plus de 3 ans que mon projet TAT n’avait plus soufflé sur les braises de l’athanor. Aujourd’hui, Laurent Courau sonne l’arrivée du char des savoirs cachés et rassemble, dans un grand battement d’aile, les bergers du chaos primordial ! C’est avec une joie non dissimulée que je vois apparaître aujourd’hui le premier fruit de ce travail… Laurent, merci pour ta confiance… Merci à Dam Von Smock et Vincent Véhixe pour leur participation et leurs énormes drones, merci par avance à Bertrand Thibert sur qui je compte beaucoup pour la suite !

13 mars 2013

Par honnêteté intellectuelle comme dirait Vincent, voici deux extraits de chroniques acérées sur TAT:

« Malheureusement, on retient surtout que le soin apporté au propos et à l’enrobage […] a nui à la qualité musicale de l’ensemble. » / « Univers […] présomptueux, où l’idée du mystère devient l’élément mercantile. »

Conclusion : plus tu progresses en tant qu’artiste, plus tu arrives à produire le son ou les images que tu as en tête, et plus on t’accuse d’être soutenu par de gros sous et faire ça pour l’argent… Alors que tu bosses depuis le début avec les mêmes bouts de ficelles, avec le même vieux PC pourri…

26 mars 2013

Première chronique en provenance du Royaume-Uni : « a massive smash on every dancefloor, great vocal delivery, polished programming electro synth perfection. » […] « The new version is for me better than the original. Great production and mix! »

29 avril 2013

Je ne peux m’empêcher de partager la bonne nouvelle : je viens de signer un contrat d’endorsement avec la marque Hohner et je travaillerai à présent avec cette belle famille, pour jouer leurs guitares sticks, tester les prototypes, faire des démonstrations à l’étranger, etc. Bob Dylan et Johnny Cash ont fait partie des artistes endorsés par Hohner… Trop fou ! Je suis turbo-heureux ! La promo devrait arriver sous peu, je vous tiens au jus !

8 juin 2013

Youhou ! Je quitte la région pour un an ! Tendres bisous à tous ceux que je ne verrai plus aussi souvent… Je vais me consacrer uniquement cette année à la composition et à la scène : soif d’aventure impossible à réprimer. Je laisse mon appartement et mon téléphone ; pour me contacter, préférez Facebook.

17 aout 2013

Je me souviens de demain vraiment comme si c’était hier.

20 septembre 2013

Cette nuit, expérience très particulière : transe et réminiscence d’une scène de vie trop ancienne pour être mienne. Et une nouvelle chanson chargée d’un truc assez spécial au petit matin. Sur une mélodie spontanée de Clo, et écrite vraiment pour elle. Vite ! La programmation !

9 octobre 2014

Un grand merci à Etienne Daho, qui vient de nous donner sa validation de notre reprise de « Duel au Soleil » ! La tracklist du prochain CD est donc… bouclée ! Rulaiz !

24 octobre 2013

Avant d’arriver dans le sud, j’aimais bien les mouches, les araignées et les scorpions. Mais ça, c’était avant.

13 novembre 2013

Emmerde les véreux des majors qui ont fui comme des lapins apeurés vers le financement participatif. Toujours le même combat contre une mafia qui manipule l’opinion, et lui donne une cuillère pour maman de lutte contre le téléchargement et la culture du libre (alors qu’on vend parallèlement à tous les foyers des connexions haut débit et des disques durs externes), une cuillère pour papa de rêve d’exposition médiatique à travers ces tuyaux nauséabonds du crowdfunding. Vivez libres, et aidez-vous vous-même pour commencer, alors, et alors seulement, les autres vous aideront.

31 décembre 2013

2014 : je ne vous souhaite pas d’être heureux, mais d’être libres.

12 mars 2014

En train de répondre à l’interview la plus drôle qui m’ait jamais été envoyée : « What’s the crime you would commit knowing you could get away with it? »

5 avril 2014

Dans la voiture sur le chemin du retour, je vous poste à chaud un petit journal de bord.

  • Jeudi 23h30 : pas de WiFi, je commence sur le bloc note du téléphone un petit journal de bord.

Ce métier m’apprend un truc : le sang froid… Après 11h de transport hier, 3h de plus pour passer la douane et son administrateur flippant digne d’un méchant de James Bond. Grâce à une administratrice plus sympa qui a -heureusement- reconnu Clo et notre agent en Estonie au téléphone, nous sommes enfin passés, à 21h30 heure locale.

  • Vendredi 11h : Ce soir live en compagnie de monsieur Modern Talking et Kaoma, 5000 personnes attendues au Palais des Sports de Minsk. Dépaysement total.

Je viens de finir « Les souffrances du jeune Werther », sensation curieuse d’avoir regardé au fond de l’abîme. La chose me donne plein d’idées de projets.

  • Vendredi 14h30 : personne ne parle anglais, c’est -vraiment- un trip… Difficile de se faire comprendre, même pour dire qu’on ne comprend pas.

Nos déplacements sont tous planifiés selon une organisation assez précise.

Des gens en uniforme kaki avec de grandes casquettes plates et une petite moustache bien brossée vont et viennent un peu partout dans la rue. Un molosse note les entrées et sorties de l’hôtel.

La sensation d’isolement s’est un peu levée depuis que notre agent a envoyé une interprète (ouf).

Le soundcheck s’est bien passé, très grande salle avec système son énorme.

  • Vendredi 15h10 : comme je n’ai à peu près rien d’autre à faire que de rester dans ma chambre, je reviens consigner une information futile : je viens de voir dans le miroir de l’ascenseur que j’avais des cheveux blancs.

Je prends dans la foulée une photo cake pourrie bisou-dans-la-glace qui servira peut-être d’illustration à ce journal. Pas sûr en fait.

  • Vendredi 18h : conversation avec la serveuse :
    – could we have some bread and butter, please ?
    – réponse incompréhensive en russe
    – Claudie lui mime quelqu’un qui coupe du pain et qui trait une vache. « Butter, la vache »
    – réponse en russe incompréhensive suivie de « mé la vache, non » […] « ah non la vache, non! »
  • Vendredi 19h : on vient d’être transféré à la salle dans une berline noire à faire fantasmer les gens qui s’intéressent aux voitures de luxe.

Catering d’enfer avec champagne et saumon russe. La pression monte : tu sens qu’il ne va pas falloir décevoir.

Petite note pour décrire le vigile qui garde les loges, ce n’est pas un vigile, c’est un militaire armé d’un pistolet mitrailleur. Normal.

  • Vendredi 22h : ouf le live s’est bien passé, mis à part une perte de la face sur les 40 premières secondes de L’or du Rhin. Accueil super cool du public. Scène vraiment impressionnante avec une débauche de lights et écrans géants.
  • Vendredi 22h30 : Direction resto avec Kaoma dans un grand van au plafond étoilé. On nous propose de l’eau. Évidemment la bouteille d’Evian contient de la vodka biélorusse.
  • Samedi 00h05 : Au resto avec le promoteur et Modern Talking qui nous ont rejoints… Débauche de plats raffinés, vodka et faste de l’est. Cinématographique. Je commence à être bien mouillé.

Toutes les 10 minutes quelqu’un de la table parle au micro, et dans la foulée tout le monde boit cul sec une vodka. Combien de tours allons-nous tenir.

Je pensais que c’était fini avec les 7 plats froids mais non, c’était l’apéro… De la musique retentit, d’autres plats arrivent avec mise en scène. OMG. Délicieux.

Pas le temps de noter l’heure : défilent maintenant des danseurs en costume romain, puis une danseuse du ventre avec un grand chandelier en coiffe. Nous annonçons à l’interprète que nous allons bientôt filer, car nous devons être partis pour l’aéroport à 7h30…

Maintenant un illusionniste aussi kitch que virtuose… Ce n’est plus un resto : c’est une grande salle privatisée pour nous combler de mille plaisirs.

Avant que la soirée ne parte en sucette (on sent que le no limit approche à grands pas) Clo nous fait reconduire à l’hôtel pour nous préserver d’une fin de soirée trop alcoolisée et rendre possible notre retour au petit matin.

Je me couche, je suis HS. Je me dis qu’un accueil pareil ne sera jamais vu en France… Le promoteur nous a vraiment accueillis comme des princes. Grâce lui soit rendue !

  • Samedi 7h35 : une voiture nous reconduit à l’aéroport. On traverse la ville de Minsk puis de grandes landes agricoles. Ici tout est gigantesque. Les routes sont très larges, les constructions géométriques et titanesques, on ne manque certainement pas d’espace ici. Vol direction Amsterdam puis correspondance pour Marseille.
  • Samedi 14h10 : on vient d’atterrir à Marseille, ce mot sera le dernier de ce journal. Je consigne ici et avant qu’on ne reprenne la route de Buis quelques extraits de la lecture qui m’a accompagné depuis Amsterdam, lecture qui accompagne souvent débuts et fins :

« dès lors il attend, il attend sans cesse – mais quoi ? Il vit trop près de la demeure des nuées, sans doute attend-il la foudre prochaine. » […] « je t’en conjure, au nom de mon amour et de mon espérance, ne répudie pas ton amour et ton espérance. » […] « Solitaires d’aujourd’hui, qui vivez à l’écart, un jour vous formerez un peuple »

16 avril 2014

Au Palp Festival de Martigny cette année : Agnostic Front, Napalm Death… et Desireless & Operation of the sun ! Bien heureux que notre projet s’ouvre à d’autres publics !

30 juin 2014

Intermittence du spectacle : j’aimerais bien que les puissants qui attaquent avouent -enfin- ce qu’ils reprochent en vérité aux artistes : le fait qu’ils fassent ce qu’ils aiment, tandis que leur besogne mafieuse rime avec boule au ventre. Puisse le dard de la jalousie se retourner contre ces scorpions, assez tôt, si possible.

26 juillet 2014

Me encanta el idioma de los pájaros.

30 octobre 2014

Souvenir : Une nuit, alors que je me trouvais par hasard dans le quartier des grottes à Genève sur la terrasse d’un café -éclairée par de vieilles guirlandes colorées- un inconnu s’est approché de moi et m’a dit :

– « pas facile de communiquer n’est-ce pas? Quand on ne se connait pas encore… »

Il m’a alors récité un poème.

Je lui en ai récité un autre en retour.

Je n’ai plus jamais revu l’inconnu.

On ne fait jamais rien.

Tout survient.

18 novembre 2014

À la pseudo-intelligentsia (à laquelle je confesse avoir appartenu) qui traîne dans la boue sur Facebook et ailleurs les gens dont le chemin de vie a fait qu’ils écrivent en langage SMS ou sont à côté de la plaque lorsqu’il s’agit de répondre à des traits d’esprit : grand bien vous fasse !

L’Autre est-il mis à terre pour recevoir un enseignement, ou bien seulement pour nourrir notre ego ?

En ce qui me concerne, je me garderai désormais de juger qui que ce soit et de me placer en arbitre de la médiocrité du monde. Puissions-nous mettre notre culture et notre intelligence au service de notre propre conduite, et ce sera déjà pas mal.

L’amour et la création méritent d’être respectés, qu’ils soient d’un illettrisme caractérisé ou de savante composition. On ne les mesure pas à leur virtuosité syntaxique.

Apprenons en premier lieu à nous aimer nous-mêmes pour transpirer et communiquer ce que nous avons de meilleur. Tous les cacas ont la même odeur. Toutes nos fins sont inéluctables. Toutes nos traces seront effacées par le temps.

***

À celles et ceux qui seront énervés par ce billet d’humeur : je vous aime quand même. Et il n’est jamais trop tard pour mettre fin à ce jugement systématique que nous avons sur tout.

Aux autres : je vous aime tout court.

***

Et… tant que j’y suis : même topo pour le racisme anti-intellectuels. Comme le dit Elena, en substance : « on aurait dû s’inquiéter quand le mot ‘intello’ est devenu une insulte à l’école. »

3 décembre 2014

Conseil du jour pour les jeunes artistes (100% d’efficacité garantie) : Les Sources Occultes & La Demeure du Chaos, TAT, Desireless*, Greta Gratos… m’ont appris la chose suivante : si tu as peur de ne pas être apprécié par le public, ne fais rien du tout et ne soit pas artiste… ça marche à tous les coups !

*Aujourd’hui par exemple, je suis un intello trop populo et corrompu par le music business ou un hétéro avec un physique trop gay sur Operation Of The Sun. Yeaaaah!

24 décembre 2014

Cette année, en réalité, je me réjouis pour les autres. À bien y réfléchir, c’est une des rares périodes durant laquelle chacun n’est pas loin d’accepter sa destruction pour renaître -enfin- de ses cendres. Puissions-nous être capables de ce sentiment tous les jours, nous faire phénix à chaque aurore.

11 janvier 2015

Si vous sentez que vous défendez une juste cause ; si vous voulez en transmettre les valeurs ; je ne crois pas que le meilleur moyen soit de pourfendre ou de bannir les gens qui n’ont pas encore votre sentiment. En essayant de leur enseigner votre vérité (que ce soit à coup d’arguments acérés ou de baignes dans la gueule), vous ne ferez que les culpabiliser, et ils se recroquevilleront d’autant plus dans la petite grotte de leurs valeurs initiales. Aimez-les, soyez ceux que vous êtes, donnez-leur envie, et faites que les bonnes vibrations de vos actes au quotidien (qui vont au-delà des bons mots d’esprit sur Facebook) transpirent sur votre environnement. L’enseignement de valeurs, présenté comme tel, ne fera que desservir lesdites valeurs. Le jugement, la prétention à la vérité et les certitudes sont des choses dont chacun doit se méfier en toutes circonstances.

Il y a sur cette page, des gens d’opinions radicalement différentes, qui se cracheraient peut-être au visage s’ils se croisaient dans la rue. Pour autant, j’aime à penser que les garder près de moi me permettra d’apprendre de chacun ce qu’ils ont de meilleur. J’ai aussi le rêve de voir la part d’ombre qui les habite se dissiper au profit d’une lumière qu’ils auront avec le temps aimée, puis apprivoisée, chez leurs opposés.

[…] En To Pan

26 janvier 2015

2h55 : Besoin d’écrire pour les quelques amis chez qui le récit de mon expérience nocturne fera sens.

Il y a quelques minutes, un frisson, lent comme une onde grave et humide, a soudainement émergé de mes reins, « roulé jusqu’à ma nuque », et je me suis réveillé en sursaut. Dans mon semi-sommeil, absence éveillée, une ombre cauchemardesque m’a menacé. C’était une force armée, un genre de police de la pensée. Un danger létal, une peur personnifiée, sortant tout juste d’une longue stase. Pas de sueurs : cette terreur n’a duré qu’une poignée de secondes. Mais de violentes palpitations.

Un traité alchimique politiquement très incorrect à demi ouvert près de mon oreiller, et comme en la présence d’amis lointains aux valeurs antagonistes, je me demande, tout incroyant que je suis, si je n’ai pas fui quelque chose. Quelque chose qui tentait de « passer » en suivant mes traces.

***

Avant que je ne plonge dans cet état de presque-sommeil, je pensais.

Je pensais que je pense encore beaucoup trop, quoique j’ai l’impression de penser de moins en moins à mesure que la présumée raison de tout ça croît en moi. Quoique j’ai de plus en plus une posture d’observateur. Acteur aux yeux de certains, je n’arrive pourtant plus qu’à céder à ce qui « survient » par et pour nous.

Être compris, ou pas. Transpirer une détestable prétention, un égoïsme archétypal, ou porter une humilité inactuelle.

La question du sens, ou plutôt des sens, m’a toujours obsédé. La signification, la sensation, la direction. Force est de constater que je perds peu à peu le contrôle de ces paramètres fondamentaux. Ou plutôt que je prends enfin conscience de mon incapacité à m’en rendre maître. Et dans le même temps, d’autres superposent à mon empreinte des valeurs qui ne sont pas miennes.

Ne jamais faire de suppositions.

***

J’ai l’impression de travailler à mettre de l’ordre, et pourtant je glisse dans une sorte de non-temps. Je monte (ou descends ?) un escalier de limbes étranges : au bout du chemin il n’y a rien, plus rien que l’esprit de ce qui croît.

Parfois j’ai le sentiment que vous êtes trop nombreux en ces lieux. Que vous êtes trop différents. Mais les choses sont telles qu’elles doivent être, ainsi qu’elles sont écrites dans ce manuel trouvé au hasard de mes rencontres. Je vous aime beaucoup.

***

4h16 : Ma progéniture philosophale en a fini d’agiter les branches du chêne. Je sens que je vais enfin pouvoir dormir. Le cœur apaisé, ivre du silence de la nuit, j’ai le sentiment que mon entéléchie fait progressivement de moi un passeur, ou un gardien. Je me sens responsable.

***

12h16 : Je relis ce texte, corrige quelques fautes de syntaxe, quelques flammes égotiques imbuvables (ah ah), et je le publie pour respecter celui que j’étais cette nuit.

15 février 2015

Faux débat nocturne : « crois-tu au hasard ? »

Hasard ou destin, on n’a de prise ni sur l’un, ni sur l’autre. Seule l’acceptation de cet état de fait compte. Les salamandres crachent même parfois de l’eau.

3 mars 2015

Rendez-vous à la banque ce matin. Ma conseillère financière m’a interrogé et a fait preuve, je dois le dire, d’une grande patience :

« Et sinon, avez-vous d’autres projets ? »
– Non.
« Avez-vous des biens? »
– Non.
« Seriez-vous intéressé par une assurance en cas d’invalidité? »
– Non.
« Puis-je vous demander pourquoi vous ne souhaitez pas cette assurance, elle est pourtant importante pour un musicien. Si vous vous coupiez un doigt, vous n’auriez plus de travail… »
– Je ferais dans ce cas des marionnettes ou de la poésie.
« […] Bien… et si vous deviez être un jour en fauteuil roulant ? »
– Je ferais seulement de la poésie

20 mars 2015

Ne pas trop espérer. Ne pas faire cramer les légumes. Ne pas avoir -trop- de principes. Ne laisser rentrer aucun grain de sable dans ses bottes (faire bien gaffe à). Ne pas avoir de pensées ratiocinantes. Ne pas être négatif.

2 avril 2015

Statut pas du tout documenté scientifiquement, naïf, mais très personnel,
à l’adresse des gens « qui ne rêvent pas »,

Je ne sais pas si nous sommes nombreux dans ce cas là. Nous ne rêvons pas. Ou plutôt, nous ne nous rappelons jamais de nos rêves. Pas la moindre fraction de rêve. Le noir total. C’est assez triste : les rêves sont de tels outils de création ! À l’aune d’un Lovecraft et de son mythe de Cthulhu, j’aurais bien aimé, moi aussi, n’avoir qu’à écrire ce que j’ai rêvé pour produire du neuf…

Bref. Ce matin, parce que j’ai -peut-être- levé une partie du voile qui entoure ce mystère, je me dis que je me dois de l’écrire, pour les éventuels spécimens dans mon genre.

Comme je commençais à prendre la semaine dernière un rythme vraiment trop en décalage, que j’allais jusqu’à me coucher à 7h et me lever à 13h, j’ai entrepris depuis 3 jours que nous travaillons sur notre futur album de me lever à des heures plus raisonnables. Et ce matin…

Je me suis souvenu d’un rêve.

Dans ma vie active, je n’ai que très rarement eu à me lever à une heure précise. Avant d’être musicien, je donnais des cours de guitare, le plus souvent en après-midi et en soirée. Et depuis 2013, je suis musicien et organise donc mon temps comme je l’entends, préférant souvent la nuit au matin. Maintenant que j’y repense, j’ai souvenir de rêves, des jours où nous devions nous lever très tôt pour partir en tournée et attraper un avion. L’évidence me frappe donc joyeusement ! Une sorte de service de nettoyage (un peu comme des cantonniers œuvrant à l’aube avant que la ville ne s’éveille) passe cleaner ma conscience à la fin de mon cycle de sommeil. Et quand je me réveille plus tôt que dans les habitudes de mon corps, je prends de court ce service et garde une trace des précieux déchets oniriques. J’ai longtemps pensé que je ne me souvenais de mes rêves que lorsque j’étais amoureux. Une explication tellement romantique. A laquelle je croyais pourtant dur comme fer. Je réalise aujourd’hui que cela était plus sûrement le fait de l’emploi du temps de la copine, indépendant du mien. Je me levais ainsi plus tôt, mes cycles étaient interrompus par un réveil, des changements d’habitudes divers et variés.

Conclusion : si comme moi tu ne te souviens jamais de tes rêves, et que tu le regrettes, essaie de te mettre un réveil une demi-heure, une heure plus tôt, ou carrément plus encore avant ton heure normale de lever. Loin de toute explication romanesque, il semble que ça fonctionne formidablement bien !

10 avril 2015

De la sincérité (sans fausse pudeur) :

Au départ, le fait de s’imposer comme contrainte d’être sincère en toutes circonstances peut effrayer : on redoute les questions pertinentes sur des sujets sensibles.

Alors, on apprend à répondre qu’on ne veut pas répondre, plutôt que d’inventer un mensonge de courtoisie. Cela attise la curiosité de l’interrogateur, mais permet tout de même de clore un sujet sans mensonge aucun, moyennant l’expression d’une ostensible conviction.

Puis on se rend compte que même en répondant « ce qu’il ne faudrait pas répondre », on observe que très rarement des réactions négatives. De la vexation à court terme dans le pire des cas, souvent suivie de reconnaissance à moyen et long terme.

Enfin, je suppose qu’on finit par ne plus craindre grand-chose, et parfois même bénéficier des avantages de la crainte que les autres ressentent peu à peu envers nous. Peut-être redoutent-ils notre sang-froid, notre franc-parler et le bon sens qui en émane, l’absence de fausse pudeur dans nos propos. Et dans un registre plus machiavélique, ils peuvent aussi craindre le super-pouvoir qui grandit ainsi en nous : celui de mentir, une fois, et d’être cru par tous. Pouvoir à usage unique, mais qui a le mérite d’être très dissuasif à l’état latent.

Parler de tout ça est assez flippant. Mais l’heure est-elle bien à fuir ce qui effraie ?

Il va de soi que cette expérience de la sincérité permanente n’est pas adaptable en toutes circonstances. Dans certains domaines professionnels, et en amour, pour ne prendre que ces deux exemples, la sincérité peut parfois engendrer un joyeux chaos. Pour autant, en tant que jeune apprenti dans la discipline, je ne saurais trop vous conseiller d’essayer, si vos circonstances de vie s’y prêtent. La sincérité fait peur, c’est certain, et n’est résolument pas très sexy, mais sans doute est-ce -au-delà de sa dimension ludique addictive- une expérience des plus intéressantes à vivre.

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. »

5 mai 2015

Quelque chose grandit.

10 mai 2015

Abandonner l’espoir de laisser une trace. Et employer plutôt mes forces, à l’aune de cet enfoiré de tranche de cake de Samuel Maurin que j’aime du fond du coeur, pour dire -pour rien et pour tout- l’indicible.

6 juin 2015

Envie de dire que je suis heureux, envie de vous remercier : aussi insolent que cela puisse paraître.

Quand j’ai recommencé à composer, en 2004 je crois, quelques années après avoir quitté (non sans tristesse) mon premier groupe de rock progressif, ‘Thork’, et plus avant, alors que je jouais sur ma première guitare électrique (photo ci-dessous!), j’étais bien à mille lieues d’imaginer la cascade d’évènements qui allait me conduire à me préparer, aujourd’hui, tandis que vous me lisez, à monter sur scène pour défendre un nouvel album avec Desireless, sur la scène Lou Reed du Festival de Montereau, dont l’affiche comprend cette année Shaka Ponk, Calogero, Parov Stelar, Yannick Noah ou encore The Ting Tings qui joueront après nous en fin d’après-midi. Ceci après avoir enseigné des années la musique dans un conservatoire génial, monté le projet weirdo-industrialo-folko-contemporain TAT, écumé les caves souterraines de Lyon à l’Usine, jeté sur du papier à musique les premières esquisses 8bits d’Operation of the sun, fricoté artistiquement avec Greta et cent autres fous que j’admire, et enfin rencontré celle qui allait devenir ma mom de cœur…

Grâce au concours d’une multitude de gens passionnés, lesquels m’ont témoigné une sacrée confiance et dont il serait bien risqué de dresser une liste*, j’ai la chance aujourd’hui et pour encore un peu de temps encore de consacrer tout mon temps à la composition, à la production electro, au travail technique de la guitare, au chant et à bien d’autres disciplines créatives encore. Et vivre de ce travail surréaliste.

Ce lundi, j’ai signé le document officiel qui fait de moi un bohémien en apprentissage jusqu’à fin aout 2016. Mes amis et les petits loups de l’école de musique me manquent, mais ils comprendront -j’en suis certain- que je n’ai pu faire autrement que de prolonger, pour la troisième année consécutive, ma disponibilité, pour aller au bout de l’expérience.

À tous, du fond du cœur, j’ai juste envie de dire…

Merci…

*Allez, j’essaie quand même de citer une partie de ces gens fabuleux qui m’ont soutenu (à différents niveaux) et ont participé à l’érection de mon présent bonheur : Greta, Etienne, Le Baron et tous les copains de l’Usine, Bertrand, Audrey, Mic, Flo, Kader, Albérick, Sam, Clairounette, Gungan, Michel, Lucien et Linge Records, tous les copains lyonnais, toutes les salles, petites et grandes, qui m’ont invité, les agents qui nous ont fait confiance, Artem, le WGT, Dada, Winus et The Eternal Afflict, Solar Fake, Renaud Edwin, Duckk, tous les amis qui ont remixé mes projets et qui m’ont donné l’occasion de les remixer, la team Convulsions Sonores, Mekka, Abyssa, les copains du Mind, toute la bande Rulaiz Inc., Laurent Courau et la Demeure du Chaos, tous les Sacapouettes, Peter, Dom Brain Leisure, Philippe Latger, Jhenn, Emilie Camacho, Fred Vérité et toute l’équipe du stage ADEM, Gilles Oil 10, David et Julie-Fleur, Thomas, Sue Denim, les copains de Sampler & Sans Reproches (et du Nord en général !), Olivier et Tcheleskov, Fred et le Fantastique, Gérard Reyne, David Wood, Erwin et Randy, Emmanuel Hennequin, Bérangère, Patrice Jania, Maryline et Julien, Zaza, l’émission Clair Obscur, Méiose, Albérick, Fill Marsl, Antoine Tatich, Denis Tribhou, Laurent Petitguillaume, Stef, Lynn, Mattias, le Sonic, Adrien Mino, bien évidemment Bernard et tous mes amis de l’école de musique, mes parents, ma grand-mère, les artistes qui m’encouragent tout au long de l’année au fil des plateaux, Lalec et tous les copains de la Cama, Stéphane, Marilyne et Julien, Demian Clav, Jean et Jean-Chri, David, Tina, Jeanne, Greg, Cécile & Rophann, Vx, Véro, Kamel, Manu, Roxy Lady, Géraldine, Sylvain, Lisa, Régis, JB, Normo, Romain, Patrick, Vault, Arne et Hohner, Lou Isis, Agvstyn Satvrn, JM & Estelle, Pascal Mathieu, mes copains d’Annecy, Christelle et Valérie, Del Fyne, Philip Ricquier, Marx, Yannick, Fafab, Groupe-T, 69islive, Caroline Vigneron, Laurent Lefers, Billie, Dad, Laurent, la bande à Keltia, Coma, Xuei Ruff, Cristina Azuma, le Festival Electron, Tyler, Guenmenez, Fred Divan, Christophe Mondaroux, Jean-Luc Gouillard, Mika Darkkan, Bernard Van Isacker, Giorgio, Roberta, tous les copains qui me soutiennent sur cette page facebook… Florence, Clo et Titi <3 Et tous ceux que j’oublie…

19 juin 2015

Cauchemar, nuit du jeudi au vendredi 19 juin 2015 :

« Nous allions jouer à Avignon avec Clo pour un gala de charité, dans un amphithéâtre couvert, une sorte de grande salle de cinéma associée à un vaste complexe comprenant un parc d’attractions (à la thématique hellénistique), un stade de basket professionnel et une troisième salle indéterminée dans le rêve.

Flo me rejoignait, mais la sécurité ne voulait pas la laisser rentrer car elle n’avait pas de badge. Ça m’angoissait terriblement. Mes anciens élèves étaient venus m’écouter et l’un d’eux s’amusait à cacher ma guitare. Le concert approchant à grands pas, je paniquais de ne plus trouver mon instrument. 50 min avant de jouer, la régie nous proposait une balance. Réglages son laborieux, qui s’éternisaient, ne servaient à rien.

La soirée prenait du retard. Impression que c’était ma faute. Puis il se mettait à pleuvoir. Dedans. Le public s’en allait, alors que nous n’avions pas commencé de jouer. Mais le concert avait lieu dans un salon romain je crois, et il venait toujours de nouveaux spectateurs.

Je finissais par retrouver ma guitare, dont Dove Attia avait complètement décâblé la valise de pédales ; je devais à l’arrache tout recâbler devant lui, et n’y arrivais pas. Pour sauver mon honneur, je fonçais sur scène, tentais de lancer un morceau dansant, mais je me trompais plusieurs fois de séquence sur le looper qui était à l’envers et dont un bout de gaffeur cachait l’écran.

Et c’était finalement un morceau tout moisi qui partait, mou au possible… J’essayais de faire de mon mieux en sautant avec le micro HF dans le public, commençais à faire le show ; je remontais les gradins, puis, pour revenir à la scène, je sortais de la salle, passais par les coulisses… Mais je me perdais dans le complexe (normal) et me retrouvais dans le stadium où se jouait un match de NBA et où on me disait « chuuuut c’est filmé ».

Je trouvais un élève, Bastien, pour m’indiquer dans l’urgence le chemin de la scène, et après m’être encore perdu dans des toilettes derrière un passage secret Louis XIV, je retrouvais péniblement la salle. Les gens étaient presque tous partis. J’essayais de me sauver en ironisant sur mes galères, tentais encore une fois de lancer une séquence, en vain.

Au-dessus de moi, un acteur (peut-être Édouard Baer) me reprochait de ne pas avoir appris par cœur la notice en anglais de mon looper. C’était un scandale par ailleurs de ne pas mieux maitriser plus de langues, telles que l’égyptien ancien, le latin et l’espagnol.

Les gens finirent par tous partir, et c’était l’heure des dédicaces. Je continuais à ironiser au micro, devant une salle quasi vide, et Clo essayait de me faire taire pour ne pas effrayer plus encore les responsables qui nous avaient engagés. J’annonçais que j’abandonnais mon cachet car je ne l’avais pas mérité ce soir-là. »

Ahah ! Doux Jésus, par pitié, épargnez-moi à l’avenir ce type de rêves…

4 juillet 2015

Sur une aire d’autoroute près d’Orange, expérience du jour, j’ai écouté la radio et appris les choses suivantes (en substance) :
– « C’est la canicule » et il est important de boire de l’eau, de ne pas rester trop au soleil, de faire des pauses et d’écouter la radio.
– Comme il est absolument impossible pour le cerveau humain de téléphoner et de conduire en même temps -y compris les mains libres, avec avec une oreillette- seuls les dispositifs téléphoniques intégrés aux voitures sont désormais autorisés.*

[…] Le mieux, pour moi, qui suis la chose la plus importante pour moi (n’es-tu pas la chose la plus importante pour toi aussi?), c’est de faire ce que j’ai envie de faire (ou ce pour quoi je suis fait, selon le point de vue), « joyeusement », en attendant que le monde s’écroule.

Nota : si certains d’entre vous considèrent les selfies euphoriques comme des avatars nauséabonds de l’idiocratie ambiante, s’autorisent moult statuts négatifs pour dire du mal des autres ou d’eux-mêmes, accordent la primauté à autre chose qu’eux-mêmes dans leur vie, ou encore aiment inventer des échelles, pour se positionner au-dessus : grand bien leur fasse ! Animons nos pages Facebook de la façon qui nous convient le mieux !

*Il est évident que la distraction du téléphone peut avoir des conséquences mortelles. Mais que penser de cette demi-mesure et de ses implications économiques ?

15 septembre 2015

Retour au QG. Train silencieux. Pas de vérités. Seulement des définitions. Des points de vue. Des moments de vie. Des métamorphoses. Des vents sauvages. La quiétude de ceux qui n’essaient pas d’avoir raison. La paix, dans l’écoute des gens différents de nous.

17 octobre 2015

Un message très important (pour moi) qui ne plaira pas forcément (à tout le monde) :

Avant de vous expliquer la chose, je reviens un peu en arrière.

Aout/Septembre 2013 : alors professeur dans une école de musique (que je salue bien chaleureusement et remercie encore pour sa bienveillance), je pars en congé sans solde. Je rends mon appartement près de Lyon et n’ai plus de toit. Je donne ou revends une misère sur le Bon Coin pratiquement toutes mes possessions pour voyager léger, exceptés bien sûr le matos de musique et quelques affaires personnelles que Kader et Laurence me gardent encore dans leur garage. Tout ça pour une chose : apprendre. Et essayer de me dépasser.

Autant dire, au cas où cela ne coulerait pas de source, que c’est alors une vraie prise de risque. Mon petit confort de professeur derrière moi, je prends la route et atterris dans le grenier aménagé de la maison de Claudie (Desireless), ex-chambre de Lili, sa fille. J’installe mon home studio dans le salon.

Depuis ce jour, je travaille (9 jours de vacances en deux ans mis à part) avec Claudie entre 8 et 14h tous les jours, sans savoir d’ailleurs parfois quel jour on est. On peut penser que le nom de Desireless assure un confort et des garanties. Absolument pas. Claudie n’est que l’interprète de Voyage Voyage et ne perçoit pratiquement pas de droits d’auteur et de compositeur. Elle doit travailler dur (même si ce métier est formidable) pour gagner sa vie ; ça n’est pas un hobby du week-end. Pour gagner notre croûte, il faut se lever le cul. Faire que certains passent outre leurs préjugés sur le personnage populaire qu’elle représente dans l’imaginaire collectif (c’est parfois un avantage, mais aussi souvent un handicap) et faire pratiquement tout par nous-mêmes. Le seul moyen est de consacrer tout notre temps à ça, de sacrifier tout le reste (ou peu s’en faut). Non, ça n’est pas easy.

Mais ça marche.

Heureusement, ce travail (grâce à votre soutien) a été récompensé par un nombre croissant de concerts, un peu partout, et de 4 CDs, 3 EP de remixes et d’une demi-douzaine de clips. Mais tous les jours, il nous faut nous battre pour continuer et aller plus loin. Pour le simple fait que la création est une pulsion de vie chez Claudie comme chez moi. Ce ne sont certainement pas ces nouveaux albums qui nous font vivre, ils nous coûtent une fortune et c’est un vrai combat que d’arriver à les rembourser. Ce sont uniquement les concerts et plateaux 80 qui nous font vivre, pour lesquels on pourrait très bien se contenter de ne jouer que les hits 80.

Nous nous apprêtons à sortir notre 4e album CD, qui est, disons-le tout de suite, le projet artistique le plus risqué que nous ayons mené. C’est un truc complètement à nu. Un spectacle de théâtre musical minimaliste, bien plus près de Ange, Current 93 ou encore Philip Glass que des hits 80. Et plus que jamais, il nous faudra passer une énergie énorme pour le défendre.

On lance la communication lundi matin. Et à partir de là, et durant bien un mois, si vous voulez me soutenir dans ma démarche aux côtés de Claudie, si de temps en temps on vous décroche un petit sourire avec un clip à la con, si vous pensez qu’on sert à quelque chose dans le chaos rampant de notre société, si vous approuvez cette idée de mettre à bas les catégories, sachez une chose :

On a besoin de vous.

Sans vous, on n’est rien. On ne peut rien faire. On n’a pas de production, pas d’agent attitré, par de directeur artistique. On fait tout par nous-mêmes (quelques clips mis à part), comme je l’ai toujours fait pour Thork, TAT et OOTS. Site Internet, communication, booking, contrats, enregistrement, mixage, mastering, photo, créations graphiques, etc. Et s’il y a une chose qu’on ne peut pas faire seuls, c’est diffuser.

Si vous n’avez pas de sous, écoutez notre musique sur le net et n’achetez pas nos albums. Mais si vous aimez, vraiment, souvenez-vous que notre meilleure arme dans ce combat inégal face aux majors est votre aide. Lorsque vous cliquez sur « j’aime », lorsque vous « partagez », « commentez », Facebook note une activité sur notre page et présente alors davantage nos actualités aux autres Internautes. Si vous ne faites que lire ou écouter, Facebook considère que rien ne se passe et nos actualités ne se diffusent pas. Lorsque vous montrez dans une soirée à vos copains un de nos clips, lorsque vous parlez de nous à la pause café… C’est tout ça, bien plus que les médias (quelques rares passionnés mis à part), qui donne la vie à notre projet.

Bien sûr, ça me fait super plaisir que vous m’envoyiez des messages privés pour me féliciter ou me remercier pour la mise en ligne d’un album ou d’un clip. Mais vraiment, si vous pouvez « assumer » pleinement votre soutien, sachez que le plus utile pour nous est que vous cliquiez sur « j’aime » et que vous partagiez sur les réseaux sociaux. Je ne vous le demande pas tout le temps, mais là, une grande bataille se prépare, et vraiment, on va avoir besoin de vous…

De tout cœur, si vous comprenez ma démarche, je vous remercie d’avance. Et si ça n’est pas le cas, ya aucun souci, je vous aime quand même. On ne peut pas tout aimer. On ne peut pas être partout. On croule sous l’info. Sous la pub des indépendants qui se battent tous comme nous. Soutenez dans ce cas ceux qui vous parlent. Aussi lourdingues qu’ils puissent paraître, souvenez-vous qu’ils n’ont pas le choix. La survie de l’art, jusqu’à ce que les choses soient autrement qu’elles ne sont en 2015, c’est vous.

Rendez-vous lundi. On va mouiller la chemise, ça je le promets.

Love & Resistance

20 Octobre 2015

#chaos #2h48

Cette nuit, j’ai d’abord posté un statut pour rappeler que notre duo ne s’appelait ni « Claudie Fritsch & Operation Of The Sun », ni « Desireless & Antoine Aureche ». Un statut qui expliquait pourquoi (de mon point de vue) il était important que cette page personnelle ne soit pas taguée. Et pourquoi il fallait plutôt taguer ma page artiste.

J’ai posté ce statut, puis je l’ai effacé.

Ensuite, j’ai commenté les posts dans lesquels cette page personnelle était taguée pour faire ces mêmes rappels en essayant de ne pas blesser les amis formidables qui m’avaient tagué, ces amis que j’aime du fond du cœur.

J’ai commencé à écrire ces commentaires, puis je les ai effacés.

Enfin, avant de me coucher, j’ai décidé d’abandonner.

Et ça n’est, de toute façon, pas de votre faute. Sans ironie aucune. C’est impossible de tout capter, à tout moment. C’est pas grave. Ne le prenez pas pour vous si vous ne faites pas toujours tout ce qui me semblerait important de faire à l’endroit de mes activités musicales : nous vivons dans un monde étrange, où tout se confond, où tout est brassé et monnayé par des algorithmes déshumanisés. Un monde où les messages qu’on aimerait s’adresser les uns aux autres sont déformés, transmutés. Où les sens (direction, signification et sensation) de l’information sont gouvernés par une poignée d’héritiers. Où la relativité des points de vue est devenue une idée inintelligible.

Digression :

C’est aussi un monde d’envies, où chacun croit souffrir plus que son prochain. Où la haine est employée comme un soin personnel. Où les idées toutes faites nous épargnent le travail nécessaire à la compréhension. Où les haters créent en quelques heures des légions de faux profils Facebook pour nuire à celles et ceux qui auraient pu leur donner de l’amour. Où les conditions dans lesquelles nous fondons nos certitudes (lesquelles deviennent facilement des prisons) sont totalement court-circuitées.

Comme si tout était fait pour que nous nous entendions tous sans jamais nous comprendre.

Et dans ce chaos rampant, je m’agite.

J’assume l’idée que je suis le centre de mon propre univers. Et j’essaie, en vain, d’expliquer aux autres -comme on chante une prière- qu’il en est de même pour eux.

Je me souviens que je n’ai pas d’autre choix que d’accepter. De tout accepter. De me laisser porter par le courant. Festoyer en attendant la chute. Et faire ce pour quoi je suis fait.

Je me dis que je me dois de faire confiance à la vie qui m’offre, à ces désillusions terribles, un bonheur comparable.

Aux dingues et aux paumés,

Amis et ennemis,

Aux rêveurs et aux soldats de plomb,

Aux prostitués et aux nobles cœurs :

Nous ne sommes qu’un seul peuple, qu’un seul sang.

Et parce que je m’aime moi-même,

(Nom de Zeus! c’est trop triste de ne pas s’aimer!)

5 novembre 2015

« L’égoïste n’est pas celui qui vit comme il lui plaît, c’est celui qui demande aux autres de vivre comme il lui plaît ; l’altruiste est celui qui laisse les autres vivre leur vie, sans intervenir. » – O. Wilde

Mais pourquoi est-il devenu insupportable de citer des auteurs sur Facebook ou dans le bus ? Comme le dit si bien Elena, on aurait déjà dû s’inquiéter quand « intello » est devenu une insulte à l’école primaire.

30 Novembre 2015

Je suis désolé d’avoir fait un post politique. Je n’ai ni la TV, ni la radio. Et je ne compte pas m’en munir. Le mieux que j’ai à faire est sans doute de continuer à écrire des mélodies et des textes en attentant que le monde s’effondre. Je crois que je fais plus de bien aux autres et à moi-même de cette façon. Je ne suis de toute façon que doutes et pensées éthérées. Les certitudes sont des prisons. Et je ne suis pas inquiet : des graines de Gingko naissent des arbres immenses. L’univers dans sa beauté majestueuse nous survivra. Et c’est l’essentiel.

P.S. : je ne suis personne pour éveiller les consciences, et personne n’est personne pour ça de toute façon. Sur ce, je vais m’atteler à l’essentiel : la musique, la poésie, les marionnettes, l’amitié. Et faire l’amour.

15 décembre 2015

Message inutile après apéro anticipé : le civet à l’hypocras mijote sur le feu, Clo a fait un bouquet de Noël avec des herbes sèches et de la colle plastique, j’ai 12.000 nouvelles top à annoncer, la vie est belle, je suis heureux. Bisous.

22 décembre 2015

Je devrais poster des nouvelles en ces lieux plus régulièrement, mais j’ai vraiment trop le nez dans le guidon… Je n’arrive plus à m’astreindre à cette hygiène quotidienne et élémentaire de communication. Une hygiène pourtant nécessaire à l’artiste indépendant.

C’est pas grave. Vous savez que tout baigne pour moi, que je travaille dur dans mon studio gothico-krishkroush, au vert, et que je suis, de ce fait, aux anges.

Il y a même une sorte de délicieux… vertige. Un parfum d’Incal. Et tellement de choses neuves -déjà- en route.

Comme chaque année, je ne vous souhaite pas spécialement de bonnes fêtes, ni d’être heureux : mais plutôt d’être libres. De festoyer quand vous le souhaitez et sans mesure plutôt que contraints par le calendrier. De trouver le courage de refaire votre vie si vous vous sentez frustrés. De partir loin si vous ne supportez plus votre terrier.

Ah…

Je vous souhaite aussi de « faire des choses » : au commencement était l’action.

Je ne vous le demande pas, hein. Je vous le souhaite, c’est tout.

Et si vous prenez cher, parce que vous poursuivez des idées trop inactuelles ou inacceptables pour l’opinion, souvenez-vous que plus nous nous élevons, et plus ceux qui restent en bas nous voient petits.

Bisous doux du petit Renard prétentieux.

15 janvier 2016

10h50 : un nouvel article écrit rapidement sur la page Operation Of The Sun. Une nouvelle bouteille lancée à la mer, pour (et sur) rien et tout.

Je lisais hier soir un bouquin de Philip K. Dick, La Vérité avant-dernière, qui raconte l’histoire d’une population en souffrance, cloîtrée dans des abris antiatomiques sous la terre, trimant pour produire mensuellement son quota de robots soldats, comme le leur commande la voix de leur président bienveillant. Mais en haut, à la surface, la guerre est finie depuis longtemps, et les robots sont en réalité destinés à servir la poignée de nantis qui se partagent l’Eden qu’est devenue la Terre.

Au réveil, j’ai parcouru un bon moment mon fil d’actualités Facebook : flot de pensées extérieures, qui engendra immanquablement un flot intérieur des plus nihilistes.

Un temps, j’ai eu peur que nous nous dirigeassions?) vers une véritable idiocratie. Ce matin, j’avais carrément l’impression que nous y étions bel et bien déjà arrivés. Comme si, sans l’avoir senti, nous avions glissé vers une existence souterraine, au crépuscule de la pensée. Repli nécessaire pour échapper à un fake combat en surface ?

Beaucoup de gens croient ce qu’on leur demande de croire. Ils participent avec cœur aux trending topics (les sujets dont tout le monde parle). Ils s’émeuvent de ce dont ils doivent s’émouvoir. Ils ne s’indignent pas des nouvelles conditions d’utilisation de leurs systèmes d’exploitation. Mais ils s’indignent en revanche, parfois, des vilains brasseurs d’air qui essaient de se frayer un chemin dans l’Internet pour gagner du fric.

Le Youtuber Norman ne m’a jamais fait vraiment rire. Je ne suis pas du tout fan de son humour, ou tout au moins je n’aime pas ce que j’en connais. Néanmoins, Cécile me racontait hier un moment fort de son spectacle que j’ai vraiment envie de vous retranscrire ici. Pour la première fois, il m’a bien fait rire. La chose va d’ailleurs m’inciter à redonner une chance à ses vidéos. Apparemment, lorqu’on accuse Norman d’être un vilain humoriste sur Youtube qui « fait ça pour le fric », il répond en substance ceci (je vais sans doute déformer la chose, mais on comprendra l’idée) : « Et toi, quand tu vas acheter ta baguette de pain à ta boulangerie, est-ce que tu incendies ton boulanger en lui reprochant d’être un gros connard qui fait du pain pour le fric ? »

Notre boulot, qui nous occupe souvent 14h par jour, c’est ça : nous frayer un chemin, pour diffuser notre art. Dites-vous bien que (je prêche un certain nombre de convertis mais je le dis quand même) si nos amis Facebook arrêtent de cliquer sur nos publications, si tout le monde se désinscrit de notre newsletter, on ne peut plus faire grand-chose. Et si tous les vilains qui tentent de diffuser leurs productions par eux-mêmes disparaissent de notre fil d’actualités (au sens général du terme), il ne restera que la TV pour nous divertir et nourrir notre réflexion.

Avons-nous besoin d’une pluralité des points de vue ? De quel art avons-nous besoin ? Que faisons-nous pour le favoriser ?

Pour apporter une touche positive à cet article un peu culpabilisateur à mon goût (on ne peut pas se plaire tous les jours), une bonne nouvelle : nous serons présents avec Desireless à l’Usine (Genève) pour le T Dansant de notre tendre amie Greta Gratos le 31 janvier. Et notre petit cœur en est tout émoustillé.

2 juin 2016

En juin 2013, j’avais prévu de prendre un an de vacances pour faire de la musique et m’en était excusé auprès de mes très chers anciens élèves au conservatoire. Force est de constater que la réalisation de mon projet personnel avec Desireless prend plus de temps que prévu… Et je dois vous annoncer aujourd’hui que je prolonge mon congé pour la 4e année consécutive…

Mais ce n’est que pour vous revenir meilleur, fort d’une expérience extraordinaire, à composer de la musique pop et/ou expérimentale, et partager des affiches avec des artistes tels qu’Arkona, Samantha Fox ou encore Shaka Ponk. Je ne sais pas dire quand je serai de retour à Lyon, mais je reviendrai très certainement, riche d’un nouveau savoir !

Avec mes plus tendres souhaits pour mes anciens élèves que j’adore.

2 juillet 2016

Le mega scoop de l’année : nous sommes actuellement à Francfort en Allemagne, et demain, pour la toute première fois, Desireless en duo avec moi sur une grande chaîne de télévision, la ZDF allemande, dans l’émission ZDF-Fernsehgarten.

C’est un peu comme TF1, sauf qu’évidemment, nul n’étant prophète en son pays, c’est à l’étranger que ça va se passer. On notera qu’en Allemagne, nous aurons ainsi fait : et la ZDF (2016), et le Wave Gotik Treffen (2013).

C’est juste dingue. Je m’en remets pas.

5 aout 2016

Dans la voiture, entre Paris et Lille, je consigne quelques pensées résignées :

À midi, dans le train, un grand-père insiste pour que son petit fils, vraisemblablement sous sa garde pendant les vacances, aille jouer avec la fille de son inconnue de voisine. L’enfant n’a pas du tout envie. Après que l’autorité des aînés se soit déployée de façon plus décomplexée, les deux petits finissent par échanger quelques « Agueu! Agueu! » autour d’un livre de collages hideux, sans conviction, tandis que les grands parlent avec passion de la pluie et du beau temps, rappelant régulièrement sur un ton fielleux aux deux enfants (qui ne se connaissent pas) qu’ils doivent être les meilleurs amis du monde le temps du trajet.

Dans le wagon-bar, aucun repli possible. Des éclats de voix indiquent qu’on y parle (fort) de tous ces sujets dont il faut absolument parler en ce moment en prenant un air inquiet et concerné.

Hélas, Facebook n’est plus (l’a-t-il seulement été un jour?) le refuge dont on aurait besoin dans ces moments. À peine ai-je allumé mon smartphone que je suis agressé par une autre forme de banalité, sordide : un flot de certitudes, relatives à des actualités abomifreuses.

Et ça pique terriblement les yeux.

Mes plus tendres amis en viennent à s’entredéchirer au nom de la vérité. Pourquoi a-t-on absolument besoin d’avoir raison ?

Sans doute n’ont-ils pas encore pris le temps, cet été, de contempler un ciel étoilé (ciel d’ailleurs riche en étoiles filantes en ce moment dans le Sagittaire vers minuit, pour qui voudrait en profiter) et de se souvenir ainsi de ce que représente notre ridicule avis à l’échelle de tout ce qui est.

Les certitudes m’étouffent. Je n’en peux plus des détenteurs de la vérité politique et du bon goût artistique. Je n’en peux plus des positions définitives. Je n’en peux plus de moi-même qui suit encore trop souvent « petit-professeur », ou prêcheur à trois sous d’une anti-foi.

J’ai comme une envie pressante de cabane perdue dans la forêt, loin de la purulente banalité de notre société ignorante.

Résilience. Silence. Action. Création.

Vivement qu’on se remette sur un nouvel album et sur la mise en scène de Guillaume. Que l’on pense moins, et que l’on fasse plus !

21 septembre 2016

Je n’ai pas mangé depuis deux jours et m’essaie avec succès à un petit jeûne thérapeutique ! Je n’ai pas non plus fumé une seule cigarette, et là réside sans doute tout l’intérêt de l’expérience ! Hourra !

Si tout va bien, je devrais rendre aujourd’hui à Stéphanie Pahud, in extremis, l’article que j’avais promis d’écrire « avant la fin de l’été ».

Stéphanie est linguiste. Elle collecte des témoignages : « Et vous, vous vous trouvez normal-e? »

Je ne savais franchement pas quoi répondre au départ : « Je trouve ça chiant ! Tout est relatif. Je suis l’anormal du normal qui est mon anormal. (…) J’arrête de catégoriser, ça me fatigue. Du moins autant que faire se peut ! Tu le prends pas mal hein ! (…) Si tu m’aides à problématiser, je t’écrirai sûrement quelque chose de pas trop pourri ! Pour qui trouvera ça pas trop pourri ! »

Elle m’avait ainsi mis sur la voie : « Je ne déteste rien plus que les « étiquettes » et ce qui me plait ce sont les histoires (…) des « bricolages » singuliers, des parcours »

J’ai finalement décidé de mettre en forme mes publications Facebook les plus blablatesques depuis 2011. Elles racontent bien mon histoire : j’ai faim !

5 Commentaires

  1. Jose
    25 Sep, 2016
  2. Mich Olet
    25 Sep, 2016

    J’adore, ça te ressemble tellement. J’ai été ravie de te connaître un peu plus!!!!! Gros bisous à toi! <3

  3. MAHIEU Isabelle
    25 Sep, 2016

    on pourrait penser que tu as des pensées négatives au départ mais ce n’en n’est rien – En tous cas tu avances à grands pas et c’est tant mieux pour toi

  4. Caline Henry-Martin
    25 Sep, 2016

    J’ai pris grand intérêt à ces quelques notes qui aident à te connaître. On te sent trépigner de vie et c’est très agréable. Ton chemin sera beau car tu sais le sortir de l’ivraie et vivre tes projets à fond. Bisous et merci pour ces lignes tout auréolées de spontanéité.

  5. manie
    7 Oct, 2016

    J’ai adorée je me suis plongée dedans oubliant l’heure de l’école pour aller mon fils heureusement que l’école est derrière chez moi , sinon j’étais bonne pour un jogging forcé .

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